- Speaker #0
Être parent, c'est ça. Mais c'est aussi ça. Pas de panique, vous n'êtes pas tout seul. Vous vous apprêtez à écouter Faites des gosses, notre premier podcast sur la parentalité qui aborde toutes les questions des parents d'aujourd'hui. Ce podcast est rendu possible grâce au soutien des viands, l'eau pure et naturelle parfaitement adaptée à l'hydratation des bébés, alliés des parents depuis plus de 50 ans et qui vous accompagnent dans une parentalité vraie et décomplexée. Un peu comme ce podcast, finalement. Alors profitez de votre épisode, on vous assure que ça va bien se passer. Juste, rien comme prévu. Merci à Evian pour leur soutien et bonne écoute.
- Speaker #1
En fait, il y a une image qu'on nous a toujours vendue en tant que futurs parents, c'est ce sera le plus beau jour de notre vie. Franchement, c'était le pire.
- Speaker #2
Comment on digère un accouchement qui n'a ressemblé en rien à l'image que l'on s'en était fait ? Comment on compose avec un enfant de quelques jours, quelques mois dans les bras, quand la douleur et l'incompréhension sont encore trop vives ? J'ai accouché le 16 mars 2021 à Paris. Je suis arrivée un lundi matin pour un déclenchement en deux étapes qui devait se dérouler sans encombre. Je ne devais surtout pas oublier mon iPad pour regarder des séries en attendant que le travail se fasse. J'y suis allée la fleur au fusil. Ça s'est mal passé. Ma péridurale m'a lâchée et en un quart de seconde, c'est devenu la guerre. Forceps, épisio, cris de truie. Mon accouchement s'est transformé en boucherie charcuterie. Dans les jours qui ont suivi, je me souviens d'un immense sentiment de colère. Je me refaisais la pousser en boucle. Pourquoi ma péridurale n'avait pas fonctionné ? J'ai raconté à mon entourage, mais personne autour de moi ne sait vraiment comment fonctionne une péridurale, ce qu'est un ballonnet de déclenchement, et à quoi ont ressemblé ces 18 minutes d'efforts expulsifs.
- Speaker #0
C'est dur d'accoucher ? Ça fait mal ? C'est-à-dire ? Ça peut être long, oui, et tu peux se couper. Oh ben non, alors non.
- Speaker #2
Et à la maternité où j'avais donné naissance à mon fils, personne. Malgré mes demandes répétées, on a pu m'expliquer ce qui s'était passé. Les médecins étaient désolés que j'aie souffert, mais je n'ai jamais compris pourquoi j'avais souffert. À la maternité Jeanne de Flandre, à Lille, il existe un protocole imaginé pour les femmes qui ressassent, qui n'ont pas eu les réponses qu'elles attendaient, qui souffrent encore, parfois des années après l'accouchement. À Jeanne de Flandre, on raconte bien sûr selon son vécu de femme, mais on revient sur ce qu'il s'est passé, heure par heure, contraction par contraction. On compte les bips du monitoring et les allées et venues du personnel soignant. Ça permet de se réapproprier son histoire. de confronter son ressenti au réel.
- Speaker #0
Consultation de Charles Garabédian. D'accord, donc c'est en consultation chimique.
- Speaker #1
Il m'a dit salle 4, aux consultations périnatales.
- Speaker #0
Périnatales, c'est juste derrière alors.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Vous demandez derrière.
- Speaker #1
D'accord, merci.
- Speaker #2
Mais ça permet surtout de poser des questions.
- Speaker #1
Bonne journée.
- Speaker #2
Dans mon cas, j'aurais par exemple pu demander, à 22h15, quelle dose de péridural vous m'avez réinjectée ? Pourquoi vous n'en avez pas mis plus ? Pourquoi vous n'avez pas su voir que je sous-évaluais ma douleur ? Ça n'aurait probablement pas rendu mon souvenir plus doux, mais j'aurais peut-être fait la paix avec cet événement plus tôt.
- Speaker #3
Je suis le professeur Charles Garavédian, je suis gynécologue obstétricien au CHU de Lille.
- Speaker #4
Moi, je suis Catherine Duverger, je suis sage-femme à Jeanne-de-Flandre depuis l'ouverture, puisque j'ai été diplômée en 95.
- Speaker #5
Victor Veynard, je suis psychiatre ici à Jeanne-de-Flandre sur la maternité, principalement référente en antenne natale.
- Speaker #4
Je suis là.
- Speaker #6
Bonjour, ça va ? Merci. Bah c'est...
- Speaker #2
ouais, un petit peu,
- Speaker #3
mais c'est pas grave. Moi j'ai eu un vélo en tout, donc...
- Speaker #2
Vous êtes venu en vélo sous cette pluie ?
- Speaker #3
Oui.
- Speaker #2
Je suis allée à Lille, où il pleut évidemment, pour vous faire découvrir cette maternité où l'on peut revivre son accouchement par les mots, pour le comprendre et mieux l'accepter. Vous allez entendre les soignants, mais surtout le récit de deux femmes. Ataouia et Sarah pour comprendre à quoi ressemblent ces consultations postpartum. Je suis Marine Revol,
- Speaker #3
bienvenue dans Faites des Gosses.
- Speaker #2
Donc ici, à Jeanne de Flandre, on peut revenir trois mois, deux ans, et même vingt ans après son accouchement pour essayer de trouver des réponses. Celui qui en est à l'initiative, c'est le professeur Charles Garabédian.
- Speaker #3
Bonjour. Le temps de se sécher et puis le temps de...
- Speaker #1
Aujourd'hui... Bien sûr, comme toutes les mamans, j'aime mon fils, je suis très heureuse qu'il aille bien et qu'on s'en sorte très bien. Mais c'est ce qui a suivi qui était beau, mais ce n'était pas ce moment. Je me rappellerai toujours du moment où on m'a posé mon fils, juste après l'accouchement, où j'avais qu'une envie, c'était qu'on me le retire pour que je puisse fermer les yeux et dormir. J'étais tellement épuisée et tellement fatiguée de trois jours de marathon, que je me suis dit que j'avais juste besoin de dormir et de manger.
- Speaker #2
La première fois que Sarah a mis les pieds à Jeanne de Flandre, c'était il y a un an, pour accoucher de son premier enfant. La grossesse était simple, jusqu'à ce qu'elle apprenne que son père souffrait d'un cancer et que, selon ses mots, son bébé remonte.
- Speaker #1
J'ai été emmenée en salle de naissance à 7h du matin, un peu, si on m'explique. En fait, la veille au lendemain, on ne savait pas trop comment ça allait avancer, puisque les contractions ne faisaient pas effet, en fait.
- Speaker #2
À 39 semaines, elle a été déclenchée. Ça a duré trois jours.
- Speaker #1
Donc, on me descend à 7h du matin, en salle de naissance, et là, il y a à peu près une heure d'attente. proposer la péridurale et de là, en gros, j'accouche de mon fils le lendemain à minuit 38. Donc c'était un dimanche, j'accouchais le lundi à minuit 38. Je me suis sentie très seule, j'ai eu l'impression que les équipes de l'hôpital étaient plutôt absentes ce jour-là, en tout cas pour moi. Je n'ai pas eu l'impression que la péridurale a été très bien suivie puisque j'ai eu des grosses grosses douleurs à un moment donné. En fait, les équipes s'enchaînaient aussi, donc ils avaient du mal à se relayer les informations. Et on réessayait les mêmes choses, ça redéclenchait des douleurs atroces et en fait, à un moment donné, je ressentais tout. J'ai fini en fièvre, je vomissais, le bébé était en tachycardie, ça ne se passait pas bien. On m'explique que sur la fin, on peut me proposer éventuellement une césarienne d'urgence. Je le prends super mal parce que ça fait trois jours que je suis là et qu'on m'a assuré que justement, c'était pour éviter ce genre de situation, donc non. Hors de question, je vais sortir bébé naturellement et on me propose du coup de pousser pendant 30 minutes et voir. Si là il y a possibilité de m'aider en fait parce qu'il était vraiment pas encore assez bien descendu. Donc là je pose 30 minutes, on m'explique qu'il faut s'arrêter là et qu'on va utiliser le forceps en fait. De là le forceps est utilisé pour sortir mon fils. Une extrémiste en fait, donc on évite la césarienne.
- Speaker #3
en regardant un petit peu au niveau horaire et tout ça, puisque vous me parliez de la péridurale au niveau horaire. Je reprends votre ancien dossier. Je tourne vers vous. Donc, en fait, vous êtes arrivé en salle, oui, c'est ça, vers à peu près, je pense, 7h30, 8h30, avec la pause de la péridurale à ce niveau-là. On voit qu'au tout début, ça a été efficace, puis que rapidement, en fait, vous avez eu à nouveau des douleurs, puisqu'on voit que quand on vous demande votre douleur, vous étiez à 6 sur 7, et qu'à ce moment-là, on a appelé l'infirmier anesthésiste, c'est ça, IAD, pour qu'il puisse gérer. on voit que... ce qui vous a fait, ça vous a permis de vous soulager pendant plusieurs heures, puis à nouveau, vous avez eu des douleurs et vous voyez, on voit qu'à ce moment-là, on rappelle l'infirmier anesthésiste qui réinjecte, ça vous soulage sauf si on a toute faim du travail voilà, ou c'est théorique en fait, c'est marqué vous aviez des douleurs à ce moment-là à 10 qu'on rappelle donc que l'infirmier anesthésiste a plusieurs reprises pour qu'ils essayent de corriger un petit peu et on voit qu'elle a toute faim où vous êtes un petit peu mieux soulagé. Et donc après, là, on voit que le col, au départ, comme sur un déclenchement, il reste un petit peu identique pendant les trois premières heures. Et puis, ça finit par s'ouvrir à peu près à un rythme tout à fait habituel, on va dire, d'à peu près un centimètre par heure, avant que sur la fin, il reste à peu près trois heures, en fait, un petit peu haut, au même stand. Je pense que c'est là où s'est posée la question, évidemment, j'étais pas là, mais c'est là où s'est posée la question entre faire une césarienne ou essayer de vous faire pousser pour vous faire accoucher par les voies naturelles. Voilà, puis ensuite, donc la naissance de Zahim, qui faisait 3,875 kg, qui lui a un poids généreux à 39 semaines d'aménorrhée. Est-ce que vous avez des questions par rapport à ça ?
- Speaker #2
Après l'accouchement, Sarah souffre de complications. Elle a mal au niveau des hanches et découvre qu'elle a probablement eu une déchirure responsable d'incontinence anale, plutôt handicapant. Elle estime ne pas avoir été écoutée par les équipes soignantes, pas entendue dans sa douleur.
- Speaker #1
C'est plein de petites choses comme ça en fait. J'ai mal mais c'est normal, c'est tout à fait normal. Maintenant en fait je vous dis vraiment que j'ai mal, j'arrive pas à soulever mon bassin, j'étais sous tramadol pendant 5 jours, j'arrivais pas à me lever sans tramadol, je rentrais chez moi, j'arrivais pas à me retenir. Et même au moment où je suis venue à l'hôpital pour rencontrer la gynéco pour voir ce qui devait se passer par rapport à mon incontinence, elle m'explique que... Donc en fait j'ai une vidéo de mon accouchement, elle me demande si j'ai filmé, et elle se voit dessus. Donc on la regarde ensemble, enfin elle la regarde parce que moi je suis incapable de la regarder. Et elle me dit justement moi j'étais là ce soir là et pour tout vous dire, en tout cas ça m'a pas marqué en fait, pour moi c'était pas un accouchement compliqué. C'est dur d'entendre ça en fait, c'est dur d'entendre ça en tant que maman quand on a très mal vécu les choses et qu'on se dit que oui ok je suis pas passée, j'ai pas failli passer mais c'est pas pour autant que ça a pas été hyper compliqué pour nous, pour mon mari et pour moi et pour notre fils en fait, pour tout ce qui s'est passé. Donc voilà c'est juste le manque de considération de se dire bah nous on est pas dans ce milieu en fait, on voit pas des horreurs toute la journée. En se disant, là, on a évité le pire, donc ça va. Pour nous, c'est une première fois, c'est juste hyper compliqué à gérer. En fait, on m'avait dit, tu verras, quand tu vas être à l'hôpital, tu n'auras pas envie d'entrer chez toi. Tu auras super peur de te retrouver seule avec ton enfant. Moi, je n'avais qu'une envie, c'était de quitter Jeanne de Flandre. C'était vraiment pas un séjour où je me suis sentie guidée, enveloppée dans les premiers moments.
- Speaker #2
Charles Garabédian m'explique le sens de ces consultations mises en place. et ce que ça permet pour les patientes qui viennent faire le récit de leur accouchement.
- Speaker #3
On a vraiment mis en place ce système-là qui marche très bien, puisque aujourd'hui, que ce soit des femmes qui sont suivies en ville ou des femmes qui sont suivies chez nous, dès qu'on sent que le vécu a été difficile de l'accouchement précédent ou de la grossesse précédente, on essaye de les inclure un peu dans ce parcours qui peut être une première consultation avec un médecin pour débriefer de ce qui s'est passé, des cours de prépa adaptés. voire revivre son accouchement d'avant, un soutien psychologique, et voire parfois aussi, on voit qu'il y a un vrai stress post-traumatique et un suivi psychiatrique derrière. Et c'est vrai que de pouvoir en parler, d'avoir eu le temps, c'est une consultation qui est vraiment dédiée à ça, qui dure 40 minutes. Il n'y a pas d'examen clinique, il n'y a rien du tout, c'est vraiment dédié à un échange. Et ça, je pense que rien que ce point-là déjà est très important. Et puis après, on les encourage déjà, mais toutes nos patientes, à écrire un projet de naissance. Et pour nous, je pense que c'est super important qu'elles puissent mettre aussi par écrit tout le vécu qu'elles ont eu et que toutes les personnes qui vont les prendre en charge ensuite, quand elles vont venir pour leur deuxième séjour chez nous, soient un peu au courant de ce qui s'est passé la première fois.
- Speaker #2
Lorsque l'on a eu un premier accouchement traumatique, le projet de naissance du suivant est une des façons de se réapproprier le premier, de reprendre un peu de pouvoir. À Jeanne de Flandre, on propose également aux femmes comme Sarah de rencontrer Catherine Duverger, une sage-femme qui utilise la sophrologie et l'hypnose pour tenter de conjurer les mauvaises expériences. et notamment les césariennes d'urgence, souvent mal vécues par les patientes. Elle m'a expliqué pourquoi elle avait commencé à utiliser ces techniques pour aider les jeunes mères.
- Speaker #4
Je me rendais bien compte qu'il y avait parfois des mamans qui voulaient fuir la maternité, vite partir. Et en fait, souvent, c'était dans un contexte justement de vécu un peu difficile pour elles. Une césarienne en urgence, des choses assez brutales et fortes. Et je leur proposais de revivre leur accouchement d'une façon différente. Puisque quand on est dans cet état un peu de conscience modifiée, on arrive à refaire le schéma, le déroulement du vécu, mais d'une façon un petit peu externe. Alors déjà aussi, je leur faisais récupérer, car en fait, je me rendais compte que ces patientes, elles étaient exténuées. En fait, quand elles ont vécu cet événement, c'est tout simplement une peur immense. Une peur immense pour elles et pour leur bébé, quel que soit le contexte, parce qu'il y a eu un saignement, parce que voilà. Ce sont même souvent des femmes jeunes aussi, il ne faut pas oublier, qui n'ont jamais été opérées. Donc déjà rien que ça, c'est déjà un peu stressant de passer au bloc opératoire. Et là pour le coup, en fait elles le vivent et elles étaient actrices et brutalement, elles ne peuvent plus rien faire pour aider, elles n'ont plus la juste maîtrise.
- Speaker #2
Selon elle, la peur crée un état de sidération chez les patientes. et donc parfois des blackouts. Son but, c'est de dégeler cet état de sidération, de mettre des mots sur leur vécu, verbaliser que leur peur était légitime et qu'elles s'en sont sorties pour leur permettre de passer à autre chose. Lorsqu'elle propose aux patientes de revivre leur accouchement, la sage-femme les met dans ce qu'elle appelle un état de sophro-hypnose pour provoquer dans un premier temps une détente corporelle.
- Speaker #4
Après, je vais leur proposer, sous forme d'image, en tout cas dans ce contexte-là, de leur refaire vivre la traversée qui va leur faire passer de l'état de femme à l'état de mère. Souvent, j'avais prenu l'image symbolique d'un bateau. Le bateau va passer d'une rive à une autre pour la faire devenir mère. Comme dans la vie, parfois il y a des tempêtes. Je prenais beaucoup l'image de la tempête qui déchire la voile. La voile se recoule, donc c'est aussi cette symbolique de cicatrisation, etc. Et c'est surtout en fait que même si elles ont pu être chahutées, même si elles ont pu être désorientées, elles ont quand même été actrices. Dans tous les moments de ces étapes, elles ont été actrices et elles ont réussi leur but.
- Speaker #2
Ce jour-là, à Lille ? J'assiste à une deuxième consultation, celle d'Ataouia. Elle a accouché au centre hospitalier de Tourcoing, à une vingtaine de kilomètres de Jeanne-de-Flandre. C'est de là qu'on l'a transférée, sans son bébé, dans le service du professeur Garabédian, après un thrombus vaginal, c'est-à-dire un caillot, qui se forme au niveau du vagin et qui a provoqué une hémorragie. 20 kilomètres, c'est long quand on est seule, allongée dans une ambulance. Son mari aussi s'est retrouvé seul. son petit bébé dans les bras sans avoir aucune information sur l'état de santé de sa femme. Pour éviter une deuxième séparation, son prochain accouchement est prévu ici, à Jeanne de Flandre. Et ce jour-là, ils sont deux, ce qui est déjà inhabituel, à assister à la consultation. Enfin trois, ils s'excusent, ils ont dû venir avec leur fille, faute de solution de garde.
- Speaker #6
En fait, à l'accouchement, tout se passait bien. Je commençais à pousser. Le bébé ne descendait pas. Mais je continuais à pousser. Il y a un moment où c'était compliqué. Ils m'ont dit, ça fait moins de 20 minutes que tu pousses. On va appeler un médecin. Donc elle vient. Elle commence la consultation. Elle fait une écoute. Et elle me dit, sa tête, elle est tournée. Elle ne regarde pas en rouge, je pense. Il y avait son oreille sur le côté. Ils m'ont dit c'est pour ça en fait, on va pousser encore une ou deux fois et après on va passer aux césariennes parce que ça sert à rien. Le rythme cardiaque de la petite est commencé aussi, je pense avoir des problèmes et tout. Et elle a utilisé une première ventouse et elle l'a changée direct après, je ne sais pas pourquoi. Pas d'explication, tout dans le flou. Elle me demande de pousser mais on n'a pas d'informations. Et d'un coup, on voit des personnes rentrer. On passe de 2 à 9, toujours sans explication, la petite Elsa. et la pose sur moi. Il ne la calcule même pas. C'est moi qui ai commencé à frotter son dos pour le premier cri. Après, tout le monde est focalisé en bas. Mais pas d'informations, rien. C'est surtout mon mari qui a tout vu, qui a commencé à poser des questions. Moi, j'étais avec la petite. Je ne me rendais pas compte avec la purée du râle et tout. Je ne me rendais pas compte de ce qui s'est passé.
- Speaker #7
Parce que moi, c'est un moment où on doit rester en train, on n'a jamais le bébé qui va arriver. Et après, même moi, j'ai vécu une expérience traumatique. Parce que moi, j'ai tout vu. J'ai été un peu curieux. On déconseille de trop regarder de temps en temps. Mais moi, ce moment magique, c'est la plus belle chose qui m'est arrivée. C'est que la petite, finalement, j'ai vu qu'elle est sortie. Mais dès que j'ai vu qu'elle est sortie, je n'ai même pas eu le temps d'apprécier ce moment. Parce que j'ai vu tout le monde rentrer. J'ai vu de la panique. Sans vouloir nous le montrer, bien sûr, je ne dis pas qu'ils étaient affolés devant nous, mais on le voyait, c'était qu'à l'époque. Et je voyais tout le sang qui sortait, tout ça, je voyais qu'ils insistaient sur les prises, on voyait qu'il y avait des moragies, ma femme qui était toute blanche, qui commençait à trembler, avec la petite sur elle, je n'ai jamais vu Blanche comme ça depuis. Donc honnêtement, pour moi, ma femme est parfaite. Je me suis dit, d'un moment à l'autre, je me suis dit, ça y est, je vais me retrouver avec ma petite-fille.
- Speaker #6
En fait, c'était surtout le manque d'informations qu'on n'a pas eues. Et même quand ils m'ont transférée ici, ils m'ont dit, ils ont tout sur place. S'il y a un problème ou quoi, c'est mieux à Lille, mais pas d'informations. On ne peut pas vous dire plus. Et c'est un médecin qui nous dit ça, c'est même pas une sage-femme. C'est un médecin qui nous dit ça. Donc nous...
- Speaker #7
Ouais, pour me rassurer. Enfin, j'ai dit ça va aller ma femme, elle est partie. Je ne peux pas vous en oublier plus, elle est partie à Lille, il faudra voir avec Lille. Je ne dis pas de me dire que ça va aller à 100%, mais quand même me rassurer, m'expliquer un peu ce qui s'est passé. Je me suis dit, ah ouais, là, s'ils ne me disent pas, c'est qu'ils ne veulent pas s'avancer, c'est que c'est très grave ce qui s'est passé.
- Speaker #6
En fait, de 11h du soir jusqu'à 4h du matin, je suis restée au bloc. allongé sur la table en train d'attendre ce qui va se passer après en fait pour contrôler et là aussi en fait j'étais toute seule et à chaque fois il me disait on va revenir on va revenir et se passer une heure une heure et demie il ya une personne qui revient et c'était franchement c'était c'était lent après un accouchement la fatigue et tout je sais même pas ma fille comment elle va derrière mais c'était compliqué non maintenant
- Speaker #3
Après, je ne sais pas vous, comment vous l'avez vécu cette séparation avec votre conjoint, avec votre bébé ?
- Speaker #6
En fait, moi, tant que ma fille à Dron, elle était sur moi, je ne me rendais pas compte de ce qui se passait autour. C'est une fois au bloc, quand j'étais toute seule, tout est revenu en fait. J'étais toute seule, je pensais là, je disais je suis là, c'est juste surveillant, c'est qu'il y a un truc qui ne va pas, il y a un truc de grave. Et je pensais à ma fille et c'est la même chose. Je me suis dit, je peux partir et laisser ma fille alors qu'elle vient juste de naître. C'était ça, en fait, le problème.
- Speaker #7
Après, ça a quand même traumatisé, c'est par rapport à une deuxième grossesse. Moi, au début, je ne voulais plus une deuxième. Au début, j'ai dit, c'est bon, première expérience, ça s'est bien passé au final, mais on revise tout ce qu'on a vécu. C'était un peu stressant. Même après avoir rediscuté entre nous de avoir un deuxième ou une deuxième, maintenant c'est une deuxième qu'on va avoir, au début j'ai dit moi je te le dis et c'est arrivé. Je me suis dit moi je ne veux plus parler en basse comme ça, refaire le truc. On en a discuté, mais après finalement elle veut quand même repartir sur un accouchement là.
- Speaker #3
À 30 semaines, est-ce que vous avez un peu imaginé la fin de la grossesse, l'accouchement ? Comment vous imaginez ça ? Je vois le sourire derrière votre masque.
- Speaker #6
J'essaie de ne pas penser en fait. On verra le jour-ci, mais là, j'essaie de ne pas penser.
- Speaker #3
Je ne suis pas en peur de repartir de l'accouchement par moi-même.
- Speaker #2
Comme à Taouia, Sarah est enceinte de son deuxième enfant. Elle accouche à nouveau à Jeanne de Flandre, car c'est une maternité de niveau 3. Ce qui lui assure de ne pas être séparée de son bébé en cas de problème. Et pour elle, c'est le plus important. Elle a peur car elle fait du diabète gestationnel et redoute d'avoir à nouveau à subir un déclenchement. Son bébé est déjà gros. C'est donc un scénario probable, tout comme la césarienne. La consultation avec le professeur Garabédian sert aussi à ça. Mieux préparer un second accouchement quand le premier a été traumatique. On refait l'histoire pour comprendre et clarifier ses attentes. C'est priorité. Anticiper les potentielles difficultés d'un deuxième accouchement. Être pleinement sujet de ce moment.
- Speaker #1
Si déclenchement il y a une seconde fois, ce que je ne voudrais pas, est-ce qu'on peut éviter le balai ? Est-ce qu'il y a de techniques ? Est-ce qu'il y a des déclenchements différents ? Parce que par exemple le ballonnet, je sais que c'est impossible aujourd'hui de repasser par là. Est-ce que la césarienne c'est vraiment quelque chose qui est conseillé ? J'en sais rien, c'est aussi pour ça qu'on se rend compte aujourd'hui. Je pense que j'ai aucune idée finalement de... on entend tout et son contraire.
- Speaker #3
Après, d'abord ce que je dis toujours c'est que c'est votre décision. C'est-à-dire que si aujourd'hui vous me dites je souhaite une césarienne... vis-à-vis de ce que vous avez vécu avant. Ça, je veux dire, il n'y a aucun souci. On organise ça, c'est 15 jours avant le terme. Et après, on se débrouille pour que, éventuellement, ce soit moi qui puisse vous la réaliser, comme on s'en est déjà rencontrés, que je connais votre histoire. Mais si avant, vous vous mettez en travail spontané, on peut tout à fait rediscuter. Ce n'est pas parce qu'aujourd'hui, vous me dites... je souhaite une césarienne, que même le jour où vous arrivez à la maternité, on dit, ah non, vous avez dit césarienne, c'est tout, c'est césarienne.
- Speaker #1
D'accord. Ça me laisse, disons, le temps de... Après, le but n'étant pas que je me décide en dernière minute, parce que justement, on est là pour éviter que ce soit quelque chose qui soit fait en dernière minute. Mais ça me laisse le temps de la réflexion.
- Speaker #2
Sarah a rédigé un projet de naissance qui sera communiqué aux équipes le jour de son arrivée.
- Speaker #3
Du coup, je me permets de reprendre un petit peu ce que vous avez écrit. Sur la première partie, vous disiez que vous souhaitiez une playlist de musique, et ça tombe bien puisqu'on a des enceintes où on peut écouter sa propre musique. Que vous souhaitiez la péridurale, l'accompagnement de votre conjoint, et les différentes possibilités qui s'offrent à vous avant une décision urgente, ou même non-urgente, puisque finalement, même aujourd'hui, on en discute. ensemble et que la santé de votre bébé passe avant la vôtre et puis vous mettiez le petit point, pas de ballonnet dans tout le monde discuter. Vous souhaitez une personne très alimentée donc un senior et c'est forceps, lourdes complications suite au forceps. Donc ça c'est important puisque même si en échange aujourd'hui ce ne sera pas forcément le jour de votre accouchement, même si c'est mieux si vous ne me voyez pas parce que ce sera un accouchement... Ça se passe bien. Voilà.
- Speaker #2
Lui, il envisage comment cette naissance ? Lui, c'est le conjoint de Sarah.
- Speaker #1
C'est comme ça. J'ai l'impression qu'il n'envisage pas trop. Oui. On essaie de se rassurer parce qu'on entend plein d'histoires positives sur le deuxième enfant qui arrive en deux heures ou en quatre heures. Tout se passe très bien et je me dis super, ce serait super. Après, là, aujourd'hui, on réalise des choses. Par exemple, il n'y a pas longtemps, on parlait du fait que sur le postpartum, j'ai dû passer par une dépression sans me rendre compte.
- Speaker #3
C'est ce que je me disais.
- Speaker #1
Mais là, je vais quand même bien mieux. Mon fils a 14 mois passé. On n'en parle pas tout contre nous non plus, parce que je pense qu'il avait peur de me blesser. Et du coup, je lui dis, est-ce que tu penses que, parce qu'on entend tellement de témoignages aujourd'hui, est-ce que tu penses que moi je suis passée par là ? Il me dit, mais complètement.
- Speaker #2
Quand la consultation du professeur Garabédian ne suffit pas, quand la sophrologie ne suffit pas, Quand il y a des cauchemars, des pleurs, des troubles de l'humeur, quand ce qui était un mauvais souvenir du passé squatte le présent un peu trop longtemps, les patientes sont orientées vers Victoire Bénard, la psychiatre de la maternité.
- Speaker #5
Donc je suis des patientes pendant leur grossesse et après en postpartum immédiat, lorsqu'elles ont accouché, dans les quelques mois après leur accouchement. Ce qui est important, c'est le vécu. comment ils ont ressenti, qu'est-ce qu'ils ont entendu, qu'est-ce qu'ils ont senti comme odeur, qu'est-ce qu'ils ont vu. Et souvent on dit j'ai vu le regard, la peur, quand on m'a dit que c'était une sarène en urgence ou quand on voit l'autre parent qui dit moi j'ai vu le bébé sortir bleu, ma femme qui allait mourir, enfin voilà, on voit le vécu. Et on reprend tout ça, on écrit, on reprend ensemble pour voir quelles émotions ils mettent sur ce qui s'est passé. En fait on peut juste se voir justement pour... prévenir la dépression post-natale parce que la dépression post-natale est quelque chose de très douloureux pour la maman, pour l'entourage, pour le bébé. Et donc, on essaye d'anticiper. Et donc, si on sait qu'il y a eu un accouchement traumatisant et que là, il y a une nouvelle grossesse, ça permet d'anticiper et de prendre en charge précocement le couple et la maman et le bébé.
- Speaker #0
En effet, s'il y a eu des violences avant, on sait qu'elles sont plus à risque de revivre ça pendant leur accouchement ou après.
- Speaker #1
Ah oui, c'est-à-dire que le moment de l'accouchement peut cristalliser des blessures qui ne s'étaient pas forcément exprimées et ça peut, entre guillemets, dégénérer à ce moment-là ?
- Speaker #0
Oui, tout à fait. Donc, c'est pour ça qu'on fait attention et qu'on aime bien, moi j'aime bien les voir avant. Comme ça, je peux préparer ça, je peux préparer les équipes, les sèches-femmes, on peut anticiper au niveau des unités, au niveau... de l'équipe soignante pour que tout se passe bien pour tout le monde.
- Speaker #1
J'ai reçu un mail hier. Au moment où je boucle cet épisode, le professeur Garabédian m'écrit pour me dire que Sarah vient d'accoucher de son deuxième enfant, dans les conditions dont elle rêvait, et que ça l'a réconciliée avec l'accouchement. Est-ce que c'est parce qu'elle est revenue sur son traumatisme de la naissance de son premier enfant ? Est-ce que c'est parce que c'est un deuxième ? Est-ce que c'est parce qu'elle était mieux préparée ? Sûrement un peu de tout ça, et un peu de chance aussi. Ce que j'ai retenu, moi, de cette journée à Lille, c'est qu'on peut tout rediscuter. Changer de programme, prévoir pendant des mois un accouchement naturel et décider que non, on veut une péridurale. Accepter un déclenchement, et finalement dire non. Éventuellement demander une césarienne, si l'on estime que c'est ce qu'il y a de mieux pour nous. Le protocole mis en place à Lille est rare en France, mais ce qui est important... C'est que vous avez 1. le droit de vous plaindre et 2. le droit de demander des comptes. Rien ne vous empêche de retourner sur les lieux de votre accouchement et de refaire l'histoire, de rouvrir le dossier, de demander à avoir accès au déroulé précis de cette journée. Peut-être qu'on vous accueillera les bras ouverts, ou peut-être qu'on vous répondra qu'on est sous l'eau, alors vraiment vos petits problèmes. Vous pouvez aussi écrire. couchez votre histoire d'accouchement sur le papier et décortiquez les sensations que vous avez ressenties. C'est même quelque chose que vous pouvez faire avec le coparent. J'ai une amie qui, à chaque fois que son mari évoque la possibilité d'avoir un autre enfant, négocie. Elle dit, voilà ce qu'un accouchement fait à mon corps, c'est un énorme sacrifice, voilà ce que je veux en échange, voilà comment je veux que ça se passe cette fois-ci, et voilà ce que j'attends de toi. Et je pense qu'elle a raison. J'aimerais qu'on arrête de dire que parce qu'il n'y a rien de plus naturel qu'un accouchement, ça n'est pas une histoire qui mérite qu'on la prenne au sérieux.
- Speaker #2
Très drôle.
- Speaker #1
Je veux dire...
- Speaker #2
Vous êtes sérieux ?
- Speaker #1
Très au sérieux.
- Speaker #3
Ah, ça, pour ça, ça ne rigole pas.
- Speaker #1
Je suis Marine Revol, et vous venez d'écouter Fête des Gosses au CHU de Lille. J'espère que ça vous a plu et que vous aussi vous aurez la possibilité de réexaminer votre propre histoire. Cet épisode a été réalisé par Anna Bui. La musique a été composée par Jean Thévenin. Si vous aimez ce podcast, dites-le nous avec plein d'étoiles et de commentaires et envoyez-nous vos questions et vos remarques à hello.luimedia.com
- Speaker #4
Bonjour, c'est Zoé Delouis. Si vous êtes jeune parent ou que vous vous apprêtez à devenir parent, vous avez sûrement encore plein de questions. C'est pour ça que nous sommes ravis de vous parler de notre partenaire, l'application May. Et nous avons une petite surprise pour vous à la fin de ce message. May, c'est l'app numéro 1 chez les parents. C'est une application qui vous donne accès à une équipe médicale aux petits soins pour vous, et disponible 7 jours sur 7, de 8h à 22h par chat. May, c'est aussi une vraie mine d'or en termes d'infos. Vous avez accès à plein de contenus pensés par des professionnels, à lire et à écouter pour vous accompagner à chaque étape de votre parentalité. Chez Louis Média par exemple, Mélissa vient de devenir maman et elle utilise quotidiennement May pour avoir des réponses à toutes ses questions. Alors pour ne plus jamais rester seule avec un doute ou une question, rendez-vous sur l'application May, M-A-Y, à télécharger sur App Store ou sur Google Play. Et comme on pense à vous, si vous venez de notre part, avec le code GOSS, G-O-S-S-E-S, Vous avez 20% de réduction sur l'abonnement. A très vite !